La pollution jusque dans la maison

La pollution à la maison est un enjeu de santé publique souvent sous-estimé. Saviez-vous que les particules fines, invisibles et inodores, peuvent pénétrer profondément dans vos poumons et même dans votre circulation sanguine ? Les PM2.5, par exemple, sont particulièrement nocives. Découvrez comment ces polluants proviennent de sources variées, allant des véhicules aux centrales thermiques, et apprenez des astuces pour protéger votre intérieur. Des filtres HEPA aux plantes dépolluantes, il existe des solutions simples pour assainir l'air que vous respirez. Ne laissez pas la pollution nuire à votre santé, lisez la suite pour en savoir plus !

Les particules fines sont mesurables en micron (µm). Elles sont classées selon leur taille. Plus elles sont petites, plus elles sont dangereuses. Les PM10 sont des particules dont le diamètre est de 10 micromètres (µm) ou moins, et les PM2.5 ont un diamètre de 2.5 micromètres ou moins. Les PM2.5 sont donc plus petites et peuvent pénétrer plus profondément dans les poumons (jusqu’aux bronchioles et alvéoles) et la circulation sanguine (affectant d’autres organes par propagation dans le sang), ce qui les rend potentiellement plus nocives pour la santé.

Il existe une dernière catégorie, classée PM0.1 qui sont encore plus petites et donc plus dangereuses. Le dioxyde d’azote (NO2) constitue l’un des polluants majeurs de l’atmosphère terrestre et contribue à la formation de particules fines. On le retrouve dans les éclairs lorsqu’ils frappent le sol ! Il provient de différentes sources, d’ordre naturel, comme les incendies de forêt ou encore les éruptions volcaniques, mais il est hélas, la plupart du temps, un phénomène anthropique que l’on doit principalement à l’homme, comme les véhicules, les centrales électriques à charbon, les usines métallurgiques ou encore les cimenteries.

Quel est le danger réél ?

En plus d’être invisible, les particules sont parfois inodores. Cependant le dioxyde d’azote, lui, est facilement reconnaissable par sa couleur brun-rouge et son odeur âcre caractéristique, le fameux brouillard de pollution observable à l’œil nu au dessus des grosses agglomérations. Ces particules sont à l’origine de nombreux cancers. Leurs sources sont variables mais rédhibitoire, elles proviennent en partie des véhicules termiques, des aérosols, du tabac, des bougies, entre-autres, mais également de la pollution des centrales thermiques à charbon, comme nous l’avons signalé plus haut.

Dans le monde, les mauvais élèves sont malheureusement nombreux. On pourrait croire que la Chine est la pire en matière d’émission, mais depuis des mesures prises en 2017, visant à fermer des usines à charbon et à améliorer leurs véhicules thermiques, elle a réussi à diminuer de 35% ses émissions, qui avoisine tout de même, les 50 µg/m³ (microgramme par mètre carré) en moyenne sur tout le territoire.

Le Bangladesh et le Pakistan étant les pires avec environ 75 µg/m³.

Pour vous donner un ordre d’idée, l’OMS a fixé le taux de particules à 10 µg/m³ maximum. D’autres pays entrent dans la liste noire des pollueurs du globe, comme notamment, l’Inde, le Tadjikistan, le Burkina Faso, l’Irak, les Émirats Arabes Unis, le Népal, l’Égypte ou encore la RDC, tous, avec des taux supérieurs à 40 µg/m³.

Carte en temps réél de la polution aux particules fines du site www.prevair.org

Plus près de nous, même si les chiffres sont moins alarmants, la pollution de nos voisins Allemands est inquiétante. Déjà parce qu’ils sont nos voisins, et que les frontières qui n’existent déjà plus, n’ont jamais arrêté les nuages de pollution, mais aussi parce que le taux est relativement inquiétant. (voir le site prev’air ci-dessus).

Si leur moyenne ne dépasse pas le taux fixé, il avoisine souvent les 9,3 µg/m³ et la dépasse parfois avec des pointes relevées à 100 µg/m³ et au-delà !

Depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, l’Allemagne a décidé de fermer toutes ses centrales nucléaires. Depuis 2022, elle s’en passe « presque » totalement, puisqu’elle a conclut un accord avec la France, qui lui revend de l’électricité dont elle a besoin, et tant pis si celle-ci est d’origine nucléaire.

Selon une étude de 2018, publiée dans le Translational Lung Cancer Search, si seulement 1.4% des cancers du poumon atteignent des personnes de moins de 35 ans, on constate que c’est aussi une population de moins en moins fumeuse. Olivier Blond, Président de l’association « Respire » nous précise : « Si tous les cancers du poumon ne sont pas liés à la cigarette, ils sont en revanche, tous liés à la pollution de l’air ambiant« . On aura compris !

Comment se protéger à la maison ?

Si pour l’extérieur, le seul port de masque est utile (le FFP3 étant le plus efficace, 98% des particules filtrées), pour l’intérieur il existe plusieurs parades.

Selon un ensemble de paramètres météorologiques complexe, les particules restent plus actives la nuit, et cela tombe bien, puisqu’en général c’est après une bonne nuit de sommeil que nous aérons nos logements. Il est essentiel d’y renouveler l’air quotidiennement, en l’aérant au moins dix minutes. Si le fait d’aérer entraine inévitablement une pollution des particules en intérieur, il est toutefois possible d’en limiter les effets.

Premièrement en stoppant ces particules venant de l’extérieur, grâce à des filtres spéciaux appelés HEPA pour High Efficiency Particulate Air.

Il existe toute une gamme de filtres pour VMC, pour climatisation et moins connus, moins coûteux et très facile à mettre en place , des filtres pour les bouches d’aération de vos fenêtres (filtres à air G3 et G4). Non seulement ces filtres captent les particules mais également les pollens et les moisissures. Des filtres HEPA sont aussi disponibles pour les ventilations de fenêtres, pour filtrer les particules encore plus fines. Autrement le filtre à charbon actif est particulièrement efficace pour éliminer les odeurs et les gaz, en plus des particules fines.

Une fois que vous avez optimisé les moyens de réduire l’introduction des particules provenant de l’extérieur, vous pouvez opter pour un purificateur d’air afin d’assainir l’intérieur. Il filtre la pièce dans laquelle il est installé et rejette l’air dépollué des particules même les plus fines. Malheureusement vous serez limité quant à son pouvoir de purification, selon le modèle que vous aurez choisi. (rarement plus de 70m² pour un purificateur mobile).

L’utilisation de tous ces filtres, ne doit pas vous faire oublier qu’ils ne sont efficaces que s’ils sont changés régulièrement et que si le matériel est nettoyé afin d’éviter l’accumulation des poussières et des particules.

Il existe d’autres alternatives complémentaires et originales , comme l’utilisation de certaines plantes, reconnues comme dépolluantes. C’est le cas du lierre, des palmiers areca et de la fougère Boston.

Limitez l’utilisation des bougies, des désodorisants en aérosol, et des produits chimiques ménagers, qui peuvent libérer des polluants dans l’air.

Docteur Peinture© – Février 2025

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