Pourquoi le peintre est il en blanc ?

Pourquoi les peintres portent-ils du blanc ? Ce choix vestimentaire, loin d'être anodin, est le fruit d'une histoire riche et de considérations pratiques. Du bleu-jean des cow-boys aux pantalons de voile des marins, découvrez comment l'évolution des vêtements de travail a façonné l'identité des peintres. Le blanc, symbole d'appartenance et de fonctionnalité, permet non seulement de mieux voir les éclaboussures de peinture, mais aussi de rester au frais sous le soleil. Plongez dans cet univers fascinant où tradition et praticité se rencontrent pour révéler les secrets du vêtement de travail des artisans.

Le vêtement de travail a beaucoup évolué au fil du temps. À l’origine, ces vêtements étaient faits pour protéger, puis très vite ils sont devenus le signe de la classe sociale ou de la fonction de celui qui les porte (uniformes, blouses, salopettes).

Même s’il a été détourné de sa signification ou de sa fonction première, à l’origine, le blue-jean était un vêtement de travail pour les cow-boys et la salopette avait été conçue pour les ouvriers par Adolphe Lafont en y ajoutant des poches aux vêtements de travail. La salopette se portait par-dessus les vêtements pour ne pas les salir (salopette vient du mot salope, sale).

Au début du XXème siècle, ce même Adolphe Lafont a eu l’idée de créer un vêtement adapté à chaque grand corps de métier. Le tissu est choisi en fonction de l’activité. Puis, le vêtement est mis en adéquation entre le métier et la technicité (plus ou moins de poches, pièces de renforts, manches amovibles…). Enfin, le choix de la couleur du vêtement de travail se fait pour, d’un côté, matérialiser l’appartenance à une corporation et, d’un autre côté, pour des raisons pratiques ; ainsi, les métiers salissants utilisent un vêtement de couleur foncée et les métiers qui le sont moins prendront une couleur claire.

Les tenues de peintre et de plâtrier sont composées de vêtements de travail blancs pour une raison historique et une raison de praticité. Le blanc de travail est donc par conséquent assez pratique pour les peintres et les plâtriers, en plus d’être parfaitement adapté. Seulement, ce choix n’a pas été fait au hasard, quand on travaille avec des peintures de couleurs, les tons peuvent facilement être abîmés par de la poussière et de la saleté. En essuyant son pinceau ou en tachant un vêtement blanc, il est plus facile de constater si la couleur a été altérée. Il n’y a pas de vêtement qui soit spécifique aux peintres et plâtriers. Le vêtement du peintre et du plâtrier doit seulement être confortable, pas trop ample et permettre une aisance de mouvement. On conseille cependant aux peintres et plâtriers d’utiliser des cottes de travail en polycoton (65 % coton – 35 % polyester particulièrement, ou 60 % coton – 40 % polyester) plutôt qu’en 100 % coton. Le polycoton résiste mieux aux multiples lavages et est plus facile à entretenir. En tant que fibre naturelle, le 100 % coton s’use et s’abîme plus vite au contact de peintures ou de solvants.

Historiquement, le blanc était aussi un choix économique. Il y a près de 400 ans, les marins anglais ont commencé à porter des pantalons amples fabriqués à partir des voiles de toile mises au rebut des navires (qui n’existaient qu’en blanc ) par mesure d’économie. Trouvant le matériau extrêmement durable ainsi que léger, les peintres locaux ont pareillement adopté les pantalons de voile en toile dans leur tenue de travail, et c’est ainsi que la tradition des blancs de peintre serait née.

Le blanc signalerait également, l’appartenance à un syndicat. Au 19e siècle, le blanc s’est normalisé dans l’industrie de la peinture lorsque les membres de l’Union internationale des peintres et métiers connexes ont porté du blanc pour se distinguer des peintres non syndiqués.

La couleur distinguait également les peintres des agriculteurs, qui portaient généralement du bleu ou du marron, et des cheminots, qui arboraient des rayures. Les peintres portaient du blanc pour cacher les éclaboussures de peinture la plupart du temps blanches, et de sous-produits. De nombreuses teintes du spectre des couleurs de peinture auxquelles nous sommes habitués aujourd’hui étaient inconnues il y a des siècles, lorsque le blanc était pratiquement la seule couleur disponible pour l’intérieur et l’extérieur des bâtiments. (Elle est encore populaire : Sherwin-Williams et Benjamin Moore proposent tous deux plus de 100 nuances de blanc). La plupart des matériaux que les peintres emploient (y compris l’apprêt, le calfeutrage, le mastic, le plâtre et la poussière de réparation des cloisons sèches) sont également blancs.

Le blanc bat la chaleur. La peinture est un travail dur et transpirant, surtout à l’extérieur par temps chaud et ensoleillé. Alors que les vêtements sombres absorbent la chaleur, le blanc la reflète, un peu comme la peinture blanche aide à garder une maison plus fraîche.

Et pour finir, le linge blanc se nettoie également plus facilement que le linge de couleur, on peut le faire bouillir ou le javelliser sans risque de le voir déteindre !

C’est pour toutes ces raisons, pourtant valables, que j’ai décidé de ne jamais travailler avec !

Cet article est un long travail de lecture et d'étude, merci de le respecter - Les photos sont tombées dans le domaine public - Juin 2026 - Tous droits réservés Docteur Peinture© -

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